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Publié par CGT PAULSTRA

Attentats: la CGT ne veut pas que François Hollande fasse la guerre à Daech.

Si le premier syndicat français condamne les attentats, il s'oppose à la stratégie d'intensification des frappes décidée par le président de la République contre l'État islamique. Il appelle les salariés à se mobiliser le 2 décembre contre la violence sociale et les attaques contre le monde du travail.

Dans un communiqué envoyé mercredi en fin d'après-midi, la CGT démontre sa singularité et son refus de se fondre dans l'unité nationale après les attentats qui ont frappé Paris et Saint-Denis le 13 novembre. Si le centrale de Montreuil condamne sans réserve les attentats et adresse sa solidarité «à toutes les victimes de ces assassinats», elle n'en entonne pas moins une petite musique différente.

Bien sur, elle note avec satisfaction «que le Président annonce (…) ne plus considérer le pacte de stabilité comme un horizon indépassable». Mais elle s'oppose, avec un discours qui frôle l'angélisme, à la stratégie développée par François Hollanded'intensifier les frappes contre Daech. «La guerre ne règle rien, au contraire, déclare la centrale dirigée par Philippe Martinez. Les multiples interventions militaires (en Irak, en Libye, en Syrie, etc.), loin d'instaurer la démocratie, ont généré un appauvrissement des populations avec des centaines de milliers de victimes et une impasse économique et sociale. C'est le terreau sur lequel le terrorisme se développe, poussant des populations entières sur le chemin de l'exil».

Contrairement aux Français qui ont compris l'urgence de la situation, la CGT affirme même être «favorable à un renforcement de la sécurité et des libertés des citoyens». Et elle s'explique, en refusant de donner quelques pouvoirs sécuritaires supplémentaires à François Hollande. «Il ne faut pas confondre des moyens et des effectifs de police et gendarmerie supplémentaires avec une restriction des libertés individuelles et collectives, avertit-elle. De même, combattre, écarter les formes de radicalisation passe avant tout par le respect des droits fondamentaux d'accès à l'éducation, à la culture, à la santé et à l'emploi».

Et le premier syndicat français d'enfoncer le clou, sans retenue. «Ce n'est pas une quelconque modification de la constitution qui permettra de tarir les sources de financement et d'armement des terroristes, prévient-il. Il faut d'ailleurs souligner que l'État français est le 2ème pays vendeur d'armes au monde, devant la Russie et la Chine. La CGT exige l'arrêt de tout commerce d'armes avec les États qui entretiennent des liens avec les terroristes. Elle demande que la priorité soit donnée à la recherche de solutions multilatérales dans le cadre de l'ONU».

La centrale fixe ensuite ses limites. Elle refuse ainsi «que les salariés et la population française, à travers des modifications de la constitution, soient placés de fait dans un état d'urgence permanent» ou encore «que l'expression revendicative et le mouvement social soient muselés», faute de pouvoir manifester. «C'est bien le combat pour la justice sociale qui fera reculer les guerres, le terrorisme, le fondamentalisme, la xénophobie, le racisme, l'obscurantisme et la régression», affirme-t-elle.

Elle prévient d'ailleurs qu'une fois la période légitime de deuils passée, elle repartira à l'attaque du gouvernement. «Pas plus qu'il n'y a de trêve dans les attaques contre le monde du travail, il n'y aura de trêve dans l'action syndicale pour le progrès social», assure-t-elle. D'ailleurs, la CGT va engager «une large consultation des salariés, afin d'être à l'écoute et de partager avec eux ses propositions pour sortir de cette crise» et débattre «de la nécessaire mobilisation à mettre en œuvre pour y parvenir». Une mobilisation qui aura lieu le 2 décembre, au cours d'une «journée nationale d'action organisée en territoire», sur le thème de «NON à la violence sociale, OUI à l'efficacité économique, sociale et environnementale».

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